J'attends cette heure
fatidique ou les mots couleront de mon stylo.
Ils viennent tard ou tôt, mais toujours dehors lorsqu'il fait nuit.
De la fenêtre je peux contempler la lune, et dans la pièce aucun bruit ne me
berce.
Si cette étrange « no man's land » qui dur après minuit, et qui va
jusqu'au petit matin lorsque dehors quelques fenêtres s'éclairent de personnes
qui s'en vont travailler.
Qui suis-je pour éviter ce cercle que la société nous impose, du travail
journalier, et de la nuit sereine, où il faut oublier ?
Moi, j'aime écouter ce silence, de cette atmosphère noir ou cligne parfois une
lumière toujours prête à s'éteindre.
J'attends devant ma feuille le piaillement des oiseaux, le réchauffement de l'air.
Je suis comme un gardien de vos nuits où j'espionne mon âme au calme, qui me
parle souvent de moi et quelques fois de vous.
Qu'elle est cette vie qui me met à l'écart et qui me prive de vous.
Êtes-vous un soleil une nouvelle lueur pour moi ?
Moi qui dors le jour et qui respire la nuit, seul dans un petit studio, surface
tout juste viable à en pleurer. Assis à ma table je pense à vous et me dit que
peut-être un jour je reviendrais à la réalité.
Cette dure réalité du boulot quotidien, qui ne cesse de me fuir.
J'aimerais être artiste et vivre de mon travail créatif, mais est-ce un leurre ?
Les jours passent, et je les vis, les subit, j'aimerais être maître de mon
destin et prouver que la vie que je mène je la maitrise.
Et elle se moque, rit de moi, et comme un sable mouvant ou un océan assassin,
elle me suce et me noie dans cette ville froide, ou maintenant j'erre dans ses
rues.